Trafiquée

CREATION ET REPRISE

 

La pièce est un seul en scène, comportant de la danse et du chant, soutenu par des séquences vidéo, des ambiances sonores et de lumières travaillées ainsi que par une scénographie simple mais riche, évolutive et significative. Ces éléments impliquent le concours de diverses compétences, belges et sénégalaises. Lors de ses travaux préparatoires en Belgique et d’un premier séjour à Dakar, Annik Notte a pu réunir ces compétences qui créent une belle synergie : la danseuse, chorégraphe et professeure Marianne Niox pour des séquences interprétées par les excellents jeunes danseurs de sa troupe Artea Compagnie et filmées en vidéo au Théâtre National de Dakar par Pierre Lecomte, la vidéaste belge Karine Jadinon pour des extérieurs, des ambiances et des effets visuels filmés en Belgique, le régisseur belge Benoît Vanderyse pour la création lumières et son et l’intégration vidéo; la mise en scène, la direction d’acteur, le travail corporel et la scénographie sont réalisés par Annik Notte. A la création, ce fut Olivia Harkay qui assuma le rôle; nous retravaillons le spectacle avec 3 comédiennes de façon à pouvoir le présenter en "seule en scène" ou, selon les possibilités des lieux d'accueil, à 3 voix (comédiennes d'origines diverses), de façon à universaliser le propos.



PUBLIC ET RELAIS SOCIAUX 


Tant en Afrique (où une tournée est prévue) qu’en Belgique ou ailleurs, Trafiquée s’adresse d’une part au tout public (à partir de 16 ans) et d’autre part à des publics plus ciblés. Dans certains pays, il est sans doute important d’avertir de jeunes femmes que de belles promesses d’études ou de promotion sociale dans un pays d’Europe ou d’Amérique du Nord peuvent se révéler un amer miroir aux alouettes. En Belgique et plus largement en Occident, l’accent sera mis sur le sort de telles femmes parfois très jeunes et sur ce qu’elles subissent. La prévention contre la manipulation et l’exploitation d’autrui, notamment à travers les réseaux sociaux, a aussi toute sa raison d’être. Dans les deux pays et plus largement dans le monde, la pièce incite à une réflexion sur l’existence de telles pratiques et sur les véritables réseaux qui les soutiennent et qui transforment des êtres humains en « marchandise ». 
La pièce a été créée en Belgique début novembre 2014 au Centre Culturel de St-Ghislain et a été très bien accueillie tant par le tout-public que par des spécialistes. Il en fut de même lors de sa reprise à Namur en février 2015. En plus d’une tournée en Belgique, nous souhaitons la présenter dans d’autres pays francophones ou ailleurs avec surtitrage (pays d’origine et pays d’arrivée des personnes exploitées). Nous la jouerons sans doute aussi en espagnol... 
Outre des représentations pour le tout-public, nous voulons toucher un public de grands adolescents et de jeunes adultes. Le désir d’un avenir meilleur est partagé par toutes les couches sociales ; la pièce et le travail qui l’entoure peuvent donc s’adresser à un public apparemment préservé (sans réelles difficultés financières), où peuvent exister également les méprises et l’attrait de l’argent facile, mais aussi et surtout à une population qui va moins ou pas du tout au théâtre, en ce compris les jeunes et principalement les jeunes filles ou femmes. Nous pensons aller vers les populations au travers de personnes et de relais qui les côtoient et travaillent avec elles, et offrir le spectacle dans un maximum de lieux. 
Le résultat attendu du projet est double : susciter l’émotion artistique à la vue d’un spectacle crédible et fort, mais tout autant sensibiliser et inciter à la réflexion sur un thème qu’il est souvent difficile d’aborder sur le mode éducationnel et discursif, quel que soit le contexte culturel et sociétal.

 

NOTRE SPECTACLE EST LABELLISE PAR L'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie)


M. Abdou Diouf, Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, insistait le 8 mars 2014 à Paris sur l’importance qu’il y a à « [inscrire] la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles [...] au rang de nos priorités et de celles de nos États et gouvernements ».
De même, il inscrivait cette perspective dans la nécessité d’une « véritable stratégie francophone en faveur des femmes ».
M. Diouf insistait encore sur l’importance « [de] l’engagement militant et [de] la volonté politique » et sur « les effets du temps et d’une sensibilisation précoce sur les mentalités » pour que puissent être levés « les obstacles qui sont autant d’atteintes à la dignité, aux droits, à l’intégrité physique et à l’épanouissement des femmes » . Le Théâtre de la Nuit épouse ces objectifs et estime que la pièce Trafiquée peut avoir une fonction utile dans cette visée.